27/08/2004

29 juillet

Claustrophobie. L’impression que rien n’avance. Que je ne prends pas le pli, pas la marque, que j’ai manqué le train. Je guéris du mal de chez moi. Mais l’envie de prendre l’air, me sauver des églises, quitter prêtres et prieuses, rencontrer. Pour de vrai.

 

Mais lorsque je rencontre je me cache, j’ai du mal à m’asseoir, le sol est souillé, assez de patauger sous cette pluie qui n’en finit pas de ne pas finir. Le linge et les sandales ne sèchent pas, même les draps sont humides, comme l’air, comme la terre et nos mains.

 

Mes compagnons de voyage disent s’attacher aux lieux, aux visages. Pour ma part, j’aime assez quitter vite, vite, avant de reposer sur mes repères. Briser les liens, l’habitude. Nous ne sommes que des passagers. Je suis infiniment désolée… mais je ne m’attache pas.

 

Et ces sourires, ces sourires, cet accueil ; inépuisable, qui abonde, qui déborde. Comment ne pas se sentir redevable ? Je suis désolée, tellement désolée.

 

Et cette richesse, dans les églises, chez les prêtres, partout où nous restons. Quelle nausée ! Or la vérité aussi détestable qu’elle puisse être est que si je me détournais de ces palais, dans les bidonvilles je n’aurais pas su rester.

 

Suis-je faite pour cet immense théâtre ? Suis-je faite pour cela ?



22:07 Écrit par Anne | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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